Les plaines centrales s’étendent à perte de vue, vastes et uniformes. Le temps transforme tout—ce qui fut solide s’efface comme des nuages passagers. Les statues de pierre ont traversé mille ans de changements de dynasties, demeurant silencieuses, immuables. À l’horizon où se rencontrent ciel et terre, le fleuve Jaune s’écoule lentement vers l’est, sans hâte, indifférent à sa destination. Entre Qingming et Guyu, dans les champs de blé du Henan, les paulownias se dressent paisiblement au cœur de la verdure. Leurs fleurs violettes couvrent les branches, témoins des paysans qui se penchent et se redressent, témoins des saisons qui passent. Les tombes des Song veillent sur le passé chargé d’histoire ; le fleuve Jaune regarde vers l’infini ; les paulownias observent le blé passer du vert à l’or. Avant que les fleurs violettes ne tombent et que les champs ne deviennent une mer dorée, cet instant fugace devient éternité.